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Pourquoi être aussi dur envers soi-même ne nous aide pas à changer

  • 13 août
  • 2 min de lecture

Santé mentale vulgarisée – Clinique Inter Connexions

Beaucoup de personnes croient que se critiquer est une façon de se motiver.


«Si je suis plus exigeant envers moi-même, je vais finir par changer. »


« Je dois arrêter d'être aussi faible. »


« Je mérite de me sentir mal après ce que j'ai fait. »


À première vue, cette stratégie peut sembler logique. Pourtant, les recherches en psychologie racontent une histoire différente.


Elles montrent que les personnes qui développent davantage d'autocompassion ont généralement une meilleure santé mentale, une meilleure capacité à gérer leurs émotions et sont souvent plus persévérantes face aux difficultés que celles qui entretiennent un discours intérieur très critique.


La différence entre se responsabiliser... et se juger


Être bienveillant envers soi-même ne signifie pas éviter ses responsabilités ou trouver des excuses.


Reconnaître une erreur peut ressembler à :


• « Oui, je me suis trompé. Qu'est-ce que je peux apprendre de cette situation? »


Se juger ressemble davantage à :


• « Je suis nul. »

• « Je gâche toujours tout. »

• « Je ne changerai jamais. »


Dans le premier cas, on s'intéresse au comportement. Dans le second, c'est toute notre valeur comme personne qui est remise en question.


Pourquoi notre cerveau devient-il si critique?


Notre critique intérieure peut être influencée par une éducation très exigeante, des expériences de rejet, le perfectionnisme ou la peur de l'échec. Au départ, cette voix cherche souvent à nous protéger. Mais à long terme, elle peut devenir épuisante.


Le paradoxe de la critique


La honte mène souvent à l'effet inverse de celui recherché. Lorsqu'une personne se sent constamment inadéquate, elle risque davantage de procrastiner, d'abandonner rapidement, d'éviter les défis, de se replier sur elle-même ou de rechercher un soulagement immédiat par différents comportements d'évitement.


Alors, c'est quoi l'autocompassion?


L'autocompassion ne consiste pas à prétendre que tout va bien. Elle consiste à se parler avec la même humanité que celle que nous offririons spontanément à un proche vivant la même situation.


Quelques pistes pour commencer


Lorsque vous vivez un moment difficile, demandez-vous :

• Qu'est-ce que je ressens réellement en ce moment?

• Comment parlerais-je à quelqu'un que j'aime dans cette situation?

• Est-ce que je juge toute ma personne à partir d'une seule erreur?

• Quelle serait une réponse plus juste, plus réaliste et plus bienveillante?


En conclusion


Nous passons toute notre vie avec une seule personne : nous-mêmes. Pourtant, nous sommes souvent notre critique le plus sévère.Changer cette relation ne signifie pas abandonner ses objectifs. Cela signifie apprendre qu'il est possible d'avancer avec davantage de bienveillance. Et parfois, c'est justement cette bienveillance qui rend le changement plus durable.


Références


Neff, K. D. (2023). Self-Compassion: Theory, Method, Research, and Intervention. Annual Review of Psychology, 74, 193–218.Neff, K., & Germer, C. (2022). The role of self-compassion in psychotherapy. World Psychiatry, 21(1), 58–59.Leys, C., & Baeyens, C. (2023). Self-compassion and emotion regulation: testing a mediation model. Cognition & Emotion, 37(1), 49–61.




 
 
 

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